Réaction aux déclarations de Gérard Trémège sur le conflit de l'Ormeau.

Publié le par Tarbes Citoyenne

Réaction aux déclarations de Gérard Trémège sur le conflit de l'Ormeau.

Marie Pierre Vieu, élue PCF FdG, Tarbes et Grand Tarbes

 

Voilà près de 60 jours que les personnels de l’Ormeau Tarbes sont en grève. 60 jours c’est incontestablement « trop » et d’abord pour ces femmes et ces hommes qui viennent de perdre deux mois de salaires pleins. Faut-il qu’ils aiment leur métier pour accepter un tel sacrifice !

Mais s’il est important que ce conflit s’arrête, je ne pense pas qu’on y parvienne en portant atteinte à l’intégrité du mouvement ou en développant des arguments fallacieux comme vient de le faire Gérard Trémège !

Les haut-pyrénéens ont besoin de soins. Ils ont aussi besoin d’une égalité d’accès à ces soins ! C’est la rupture avec ce principe d’égalité, la financiarisation du secteur hospitalier et la dérive marchande de la gestion de l’Ormeau qui ont conduit les salariés à tirer la sonnette d’alarme, puis à se mettre en grève parce que confrontés à une flexibilité, une souffrance quotidienne au travail qui les empêchent de mener à bien leurs missions.

Aujourd hui ce ne sont pas eux et leurs représentants syndicaux qui bloquent toute négociation, mais les responsables de Médipole Partenaires continuant à refuser tout compromis comme cela a été encore le cas lundi 2 janvier à Toulouse quand ils ont objecté une fin de non recevoir à l’égard des propositions du préfet de région après avoir rejeté celles du médiateur.

Et s’il y a dogmatisme dans ce mouvement, il n’est pas à chercher du côté des grévistes mais bien encore du côté de Médipole Partenaires. Comment justifier sinon leur opposition aux 800 euros de prime pérenne qui sont revendiqués ? Cette « concession » leur couterait un surplus de 240 000 euros par rapport à leurs propositions. Qu’est ce que 240 000 euros au regard des 3 millions d’Euros qu’ils viennent de perdre avec le conflit ou des 1,9 million qu’ils ont perçu au titre du Crédit d Impôt pour doper l’emploi par la recherche et l’innovation, accompagner la transition écologique et énergétique ?

Les semaines passent et il est primordial que les pouvoirs publics assument la part de responsabilité pour trouver une issue positive à la grève. Entre un grand groupe de l’hospitalisation privée et des personnels en lutte, le match n‘est pas équitable. C’est pourquoi il est si important que l’Etat qui participe au financement du groupe Médipole Partenaires par le biais de la Banque Publique d’Investissement fasse entendre sa voix et impose les conditions d’une juste négociation.

La proposition du maire de Tarbes d’un référendum, lui qui a balayé d’un revers de manche le principe de toute consultation populaire en matière d’ intercommunalité pourrait presque faire sourire ! Dans ce cas précis, elle fait abstraction des salariés qui se prononcent quotidiennement sur les modalités de leur action. Elle constitue juste un moyen de passer outre la négociation sociale à l’intérieur de l’établissement, d’opposer les personnels entre eux et n'aboutira qu’à rajouter du ressenti au ressenti, accroître les fractures au sein de la clinique l Ormeau. Ce n’est pas créer les moyens d’une qualité de soins.

Seul un vrai dialogue peut y concourir et une réponse appropriée aux exigences exprimées. Continuons à nous mobiliser nous dans cette direction.

Publié dans Infos luttes 65

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FORTIER Bernard 06/01/2017 01:14

Cette lutte est certainement emblématique, en partie aussi parce que Trémège, Pélieu et 2 députés de la gauche libérale productiviste avaient initialement pris partie pour ce mouvement (sauf erreur de ma part?) ce qui en faisait un trésor de lutte "transversale" et "unanime". Ce serait stratégiquement dommage de trop politiser inutilement cette lutte, qui peut être plus percutante en devenant citoyenne, alors qu'elle était légitimement syndicale au départ. Ne perdons pas des appuis comme celui de Joel qui semble douter dans son commentaire, il demande à être rassuré. Peut être faut-il communiquer ici les propositions de Gérard Trémège ici critiqués et regarder si on ne peut pas y trouver une vision positive, pour alimenter la possibilité d'un puissant soubresaut social collectif et partagé par tous, que ce mouvement porte en ferment.
Ne perdons pas la chance de pouvoir profiter de cette unanimité de départ. N'étant pas bien informé du sujet c'est plus mon sentiment qu'un avis autorisé que je vous exprime là, avec tout mon respect pour votre travail social. Merci de votre engagement pour cette cause publique, bon courage et bonne chance.

Joel 05/01/2017 21:30

Il serait intéressant de préciser le rapport entre une prétendue rupture d'égalité devant l'accès aux soins et des demandes de primes ou d'augmentation de salaire.
N'étant qu'un simple usager ne pouvant plus accéder à la clinique je vous avoue ne pas comprendre en quoi ce mouvement pourrait favoriser une telle égalité.
Je ne saisie pas non plus en quoi solliciter directement l'avis des salariés concernés pourrait remettre en cause "l'intégrité du mouvement" censé défendre leur propre intérêt!
Il est surprenant que les principes démocratiques de base n'aient pas lieu d'être dans un mouvement social...