Présidence de l'agglo TLP : l'intervention de Rébecca Caley
Je me présente à la présidence de l’agglomération pour le groupe « Communistes Républicains et Citoyens ».
Le contexte de cette élection est … comment puis-je dire … très particulier, à 3 mois de nouvelles élections … Pour autant, il nous donne l’occasion d’en faire ce qu’elle doit être : l’exercice de la démocratie …
J’ai eu 3 vies professionnelles : d’abord en médecine générale, dans le Nord de la France à la fin des années 80, région fortement marquée par la crise, où j’ai pu mesurer combien les conditions de vie précaires des habitants dégradaient leur santé. J’ai ensuite choisi d’exercer en santé publique, dans un conseil départemental, animant le volet santé du dispositif RMI puis RSA, pour l’accès des allocataires aux droits, aux soins et à la prévention.
Cet exercice de médecin territorial m’a permis de découvrir le fonctionnement d’une collectivité, mais aussi de connaitre le territoire, d’appréhender les inégalités sociales et territoriales … Je m’interrogeais beaucoup sur ce qui faisait que ce public était si durablement éloigné de l’emploi … et c’est cela qui m’a orientée vers le métier de médecin du travail.
J’ai par ailleurs un engagement militant associatif, solidaire et sportif, bouffée d’oxygène et générateur de liens sociaux multiples …
Comment alors agir sur les décisions politiques ? J’ai décidé de m’engager en tant que citoyenne non encartée sur la liste Front de Gauche à Tarbes en 2014, puis en 2020 où j’ai été élue sur la liste Tarbes Citoyenne Écologique et Solidaire, aux côtés de citoyens et de partis de gauche, dont les fondamentaux correspondent aux miens.
Je partage mon mandat communautaire avec les élus du groupe CRC, espace de discussion et d’élaboration qui permet de mieux appréhender les enjeux de notre collectivité, mais aussi d’avoir des moyens de fonctionner. Je les remercie pour la confiance qu’ils me font aujourd’hui et suis fière de porter leur parole.
Et enfin, cela ne vous aura pas échappé, je suis une femme.
Nous pensons qu’il faut aujourd’hui rompre avec un système à bout de souffle …
Dans un contexte marqué par la précarité, le chômage, les inégalités territoriales, la crise du logement, les difficultés d’accès aux services publics et l’urgence climatique, notre agglomération doit être un outil de solidarité, au service de toutes et tous, et non un simple échelon technocratique.
Il faut la rendre lisible, accessible, compréhensible, proche des citoyen.nes, c’est ce qu’ils demandent !
Certains d’entre vous ont pu assister vendredi à la restitution des cahiers de doléances, initiative lancée par l’association des maires ruraux de France en plein mouvement des gilets jaunes puis intégrée au grand débat national par le gouvernement … qui l’a soigneusement laissée dans ses placards.
2500 contributions dans notre département et la demande de services publics de proximité, de démocratie locale et participation citoyenne, de santé et lutte contre les déserts médicaux, de fiscalité locale et justice territoriale, de transition écologique et lutte contre la précarité énergétique, d’aménagement du territoire et lutte contre la désertification …
6 ans après, rien n’a changé … vous, élu.es de terrain, le savez bien, qui êtes au quotidien confrontés à la souffrance, aux difficultés des habitant.es.
Nous défendons une véritable gouvernance collective, transparente et respectueuse des communes, fondée sur l’écoute des maires, des habitant.es, des agents … l’agglomération doit être un espace de coopération, pas de concurrence ; pour autant elle doit être le lieu de véritables débats .
Pour permettre à tous les élu.es de prendre leur place, il nous faudra réinterroger l’organisation et les moyens pour qu’ils puissent concilier leurs temps de vie et de travail.
Nous voulons une agglomération qui place la transition écologique au cœur de toutes ses politiques, qui protège, en renforçant les services publics locaux, qui garantisse l’accès au logement, aux mobilités, à la culture et aux sports.
Nous voulons une agglomération qui assume le rapport de force avec l’État quand les dotations baissent, avec les opérateurs privés quand l’intérêt général est menacé, et avec les logiques métropolitaines quand elles creusent les fractures territoriales.
Nous pensons que piloter l’agglomération, ce n’est pas gérer l’existant mais bien transformer, redistribuer et préparer l’avenir, refuser la résignation, le consensus mou et la gestion sans projet.
Voilà ce que nous portons et ce qui fonde ma candidature !
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